Accès Micro-Crédit Gaspésie

Photo de Philippe Garon

Philippe Garon : artiste ET entrepreneur

Originaire de Ste-Anne-des-Monts, Philippe Garon a publié son premier livre, « Salut mon frère! », en 2004. Quatre ans plus tard, il déménage avec son amoureuse et leur fils dans la Baie-des-Chaleurs. Après quelques mois de vie à Bonaventure, le désir de se consacrer entièrement à sa pratique artistique s’impose. Mais comment y arriver? Car cette importante décision implique de devenir son propre patron. Autrement dit, de se lancer en affaires. Heureusement, des organisations comme Accès Micro-Crédit Gaspésie existent dans la région. Nous avons rencontré Philippe pour discuter de son cheminement sur le plan entrepreneurial.

Accès Micro-crédit Gaspésie : Quels sont les avantages de se lancer à son compte et de vivre de son art ?

Philippe Garon : Dans mon cas, ç’a permis d’amener beaucoup plus d’équilibre, autant dans ma vie personnelle que pour ma famille. Travailler selon un horaire atypique, à la maison, correspond non seulement mieux à mon tempérament, mais également à mes engagements en tant que père et amoureux.

AMCG : Quels sont les embûches d’être un artiste qui démarre à son compte ?

PG : J’ai l’impression que les difficultés d’un artiste qui se lance en affaires ressemblent à celles de beaucoup de travailleurs autonomes dans plusieurs autres champs d’activités. Il faut développer son marché, trouver des clients potentiels, réaliser les démarches administratives pour mettre sur pied légalement son entreprise, concevoir et réaliser de la promotion, se donner des outils pour accomplir ses tâches, apprendre à gérer le volet administratif avec les activités plus artistiques, etc. Réussir à protéger un espace de création à travers toutes les tâches qu’implique le rôle d’entrepreneur constitue un défi perpétuel.

AMCG : Quand vous créez une œuvre, un produit, avez-vous une réflexion quant à sa « popularité potentielle », à son marché potentiel en d’autres mots? Ou créez-vous selon ce que vous désirez et travaillez ensuite à sa diffusion?

PG : Ça dépend. Dans le cas de commandes, comme la direction artistique d’un spectacle par exemple, il faut tenir compte des objectifs du client. À ce moment-là, je dois effectivement porter une attention particulière à l’attrait que suscitera la proposition. Sinon, dans mes projets personnels, en général, je me concentre sur ce qui m’inspire et je cherche ensuite à vendre le résultat final.

AMCG : Avec le recul et votre vécu, votre plan (d’affaires) initial correspond-il à votre situation aujourd’hui? Comment avez-vous évolué à travers tout ça?

PG : Honnêtement, ça ne s’est pas passé exactement comme prévu. Et c’est tant mieux. Non seulement j’ai diversifié mon offre, mais le volet artistique de l’entreprise a pris la plus grande place dans mes activités quotidiennes. De plus, même si mes clients de l’extérieur de la région constituent une source de revenus appréciable, c’est beaucoup plus au Nouveau-Brunswick que j’ai développé mon marché qu’à Québec ou Montréal.